Jacques Léger, un pirate dans la famille.

Jacques Léger, l’histoire d’un des pirates présents dans notre généalogie familiale.

Pyle, Howard; Johnson, Merle De Vore (ed) (1921) «Tom Chist and the Trasure Box» dans Howard Pyle's Book of Pirates: Fiction, Fact & Fancy Concerning the Buccaneers & Marooners of the Spanish Main, New York, United States, and London, United Kingdom : Harper and Brothers, pp. Plate facing p. 104

Il est né en octobre 1661 à Rouen, paroisse Saint Vigor (baptisé le 16 octobre 1661). Il est le fils de Jacques et de Catherine Lemeunier.

A ce jour, il n’existe pas d’information concernant sa jeunesse et son adolescence.

Nous le retrouvons dans les années 1680-1690 à Saint-Domingue où il est corsaire (flibustier) au service du gouverneur Jean-Baptiste du Casse (ou Ducasse). Il participe à plusieurs opérations contre les hollandais et anglais (Jamaïque, St-Barthelemy, St-Martin, La Barbade, etc.).

En 1695, plusieurs flibustiers, déçus par les maigres profits réalisés, décident de rejoindre la mer Rouge et le golfe Persique. Jacques Léger fait parti de ceux-ci. Il embarque avec 130 flibustiers à la grande colère du gouverneur de St-Domingue. Ils font escale sur les côtes de la Nouvelle Angleterre et puis naviguent pour rejoindre l’océan Indien.

Aux îles du Cap-Vert, il est abandonné par la moitié de son équipage, qui préfère retourner d’abord à Cayenne puis aux Antilles sous la conduite du capitaine François Bothorel. Il poursuit cependant sa route avec un petit brigantin de 6 canons et de 60 hommes. Le 14 août 1695, il rencontre dans la rivière de Gambie, l’escadre de M. de Gennes qui se rend en mer du Sud. Le flibustier refuse de l’y accompagner mais doit accepter en contrepartie de conduire à Issigny (Guinée) un prince africain qu’on ramenait de France. Par la suite, il fait une très funeste rencontre à la hauteur du cap Lopez. Un ancien flibustier de la Jamaïque, Robert Glover, se rend également aux Grandes Indes. Le combat est inégal et s’avère meurtrier des deux cotés. La « Resolution » possède 18 canons avec 150 hommes d’équipage. Les Anglais perdent 20 hommes tués et blessés, les Français 32, le brigantin est capturé. Léger ayant fait de bonnes affaires sur la côte, Glover trouve 200 livres de poudre d’or à bord, ainsi que quantité de marchandises avant d’incendier le navire. Léger n’a plus le choix, il doit partager les aventures du forban anglais dans la mer Rouge. Le maître d’équipage et les 15 hommes qui restaient à bord prirent la fuite au large et rejoignirent Anjouan où ils s’associèrent au capitaine flibustier Desmaretz. Glover ne fait pas l’unanimité. Dick Chivers (ou Sievers) est élu à sa place. Le Jamaïcain reçoit en compensation une prise pour aller à Madagascar. Parmi les 24 hommes qui l’accompagnent se trouve Jacques Léger. Ils gagnent l’île Sainte Marie

Pour le capitaine Léger l’aventure prend fin rapidement. Il est capturé par deux corsaires anglais en arrivant à Madagascar en 1696.

Jacques Léger  resta 3 ans dans la grande île avant de rejoindre l’isle Bourbon. Il arriva le 26 mai 1699 à bord du brigantin « Margaret » du capitaine flibustier Samuel Burgess devenu commerçant et négrier.

Arrivé à Bourbon, il acquiert un terrain aux Sables (commune de St-Paul) et au Trois-Bassins. Le terrain des Trois Bassins sera échangé par la suite contre deux esclaves. Il épouse Marie Esparon le 24 janvier 1700 à St-Denis. Ils auront au moins 8 enfants. Leur 3ème fille, Barbe Léger, épousera notre ancêtre, Jean-Baptiste François de Lanux, le 4 février 1726 à St-Paul.

Selon le gouverneur Desforges-Boucher, il « a eu quelque éducation, sait lire et écrire encore fort mal, avec cela sans aucune science que celle de savoir un peu la maneuvre qu’il a apprise en flibuste, l’ayant fait toute sa vie, et point du tout de pilotage. Il se mêle un peu de la chirurgie et de la médecine qu’il est persuadé de savoir. Mais il n’a jamais entrepris quelqu’un mis entre ses mais qu’il ne l’ai estropié ou rendu malade (confirmé par plusieurs témoignages) que lorsqu’il commençait à la traiter. De sorte qu’il n’y a point de meilleur pratique pour les chirurgiens que cet homme car il leur taille de la besogne… Il n’y pas dans toute l’Isle un homme plus intriguant que celui-ci pour trouver les moyens de gagner de l’argent et est heureux dans tout ce qu’il entreprend. S’il n’était pas joueur et ivrogne, il serait un des plus riches de toute l’Isle« .

Le 21 décembre 1714, il repart pour la France laissant sa femme et ses enfants à Bourbon. Il avait l’espoir, dit-on, de recueillir l’héritage de son frère, ancien greffier en chef à Rouen. Après quatre années d’attente, les recherches effectuées laissent à penser qu’il serait mort en 1718. Nul ne sait où, ni quand, ni comment.

Selon d’autres sources, il aurait repris son activité de flibustier et aurait été tué lors d’un opération de piraterie. Affaire à suivre.

Sources :

  1. L’épopée des cinq cents premiers réunionnais (dictionnaire du peuplement – 1663 – 1713) de Jules Bénard et Bernard Monge (Azalées Editions)
  2. Harold T. Wilkins, Captain Kidd and his Skeleton Island (London 1935, page 62)
  3. Public record Office, High Court of Admiralty 1/15 Information of Robert Bradenham, the 25th april 1701
  4. Jacques Gasser, Cercle généalogique de Bourbon, Avril 1991.
  5. Antoine Desforges-Boucher, gouverneur de l’île Bourbon : « Mémoire pour servir à la connoissance particulière de chacun des habitans de l’Isle de Bourbon », écrit au début du XVIIIème siècle.
  6. Illustration : Pyle, Howard; Johnson, Merle De Vore (ed) (1921) «Tom Chist and the Trasure Box» dans Howard Pyle’s Book of Pirates: Fiction, Fact & Fancy Concerning the Buccaneers & Marooners of the Spanish Main, New York, United States, and London, United Kingdom : Harper and Brothers, pp. Plate facing p. 104
  7. Dictionnaire des Corsaires et Pirates de Philippe Hrodej et Gilbert Buti, CNRS (2013)
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