Paul Véronge de Lanux, un musicien dans la famille !

Paul Véronge de Lanux est né le 29 juin 1853 à Fontainebleau (77). Il est le fils de Grégoire Marc Félix Rocheblanche Véronge de Lanux et Anaïs Marie Descombes.

Dès son enfance, il baigne dans un univers musical ; son père est pianiste et professeur de piano. Il fut le professeur de piano d’André Gide que ce dernier évoque dans son roman  « Si le grain ne meurt » et dans son roman « Faux-Monnayeurs ».

Paul Véronge de Lanux (ou de la Nux) reçut de son père ses premières leçons de musique, puis, à son tour rejoignit le Conservatoire de Paris à l’époque où Ambroise Thomas venait de succéder à François Auber à la tête de ce vénérable établissement. Premier accessit d’harmonie et accompagnement en 1870, deuxième accessit de piano la même année dans la classe de Georges Mathias et premier prix de contrepoint et fugue en 1872 dans celle de François Bazin, il se présenta en 1874 au concours de composition de l’Institut (Prix de Rome). Il fut récompensé par un premier Second Grand Prix, derrière Léon Ehrhart, avec la cantate Acis et Galatée sur des paroles d’Eugène Adanis. L’année suivante, à nouveau candidat, sa scène lyrique Clytemnestre, sur des paroles de Roger Ballu, ne fut pas primée. C’est André Wormser qui remportait le Grand Prix et Amédée Dutacq une mention honorable, les autres candidats non récompensés étant Eugène Méarini dit Pop (futur alto à l’Opéra-Comique), Antonin Marmontel et Paul Hillemacher. Enfin, en 1876 il décrochait un Premier Grand Prix, deuxième nommé derrière Hillemacher, avec la cantate Judith, sur des paroles de Paul Alexandre. A cette époque, il était déjà accompagnateur au Théâtre de la Renaissance.

Après le traditionnel séjour à la Villa Médicis réservé aux Grands Prix de Rome, qu’il effectua de janvier 1877 au 31 décembre 1880, notre musicien reprit ses activités au Théâtre de la Renaissance comme chef de chant. Situé au numéro 20 du boulevard Saint-Martin, à Paris, cette salle de spectacle avait été construite en 1873 par l’architecte Lalande. Sarah Bernhardt en assura la direction de 1893 à 1899, puis Lucien Guitry à partir de 1903.

En 1903, il était nommé Inspecteur de l’enseignement musical, en remplacement de Gustave Canoby, lui-même nommé bibliothécaire du Ministère de l’Instruction publique. Admis à la retraite en 1925, il sera à son tour remplacé par Paul Vidal.

Paul Véronge de Lanux (ou de la Nux) est connu pour ses mélodies éditées à Paris en 1882 chez Henry Lemoine, sous le titre général de Chansons, un volume comprenant 10 morceaux :

  • Un baiser de ta lèvre, chanson espagnole (paroles de Raoul Gineste),
  • Le pâtre, à l’écho des montagnes, chanson écossaise (paroles de G. Chouquet),
  • Quand je viens à ta maison haute, chanson andalouse (paroles d’Emile Blémont),
  • Quand nous nous sommes embrassés, chanson marine (id.),
  • Carmina, ma rose vermeille, chanson d’amour (id.),
  • Savez-vous, les enchanteresses, chanson de Nice (id.), A Valence, chanson de Valence (id.),
  • Il était soyeux et long, chanson d’avril (paroles de Henry d’Erville),
  • Pour vivre je chante, chanson de Bohême (paroles d’A. Adam),
  • Viens, la belle, chanson napolitaine (paroles de Raoul Gineste).

On lui doit aussi d’autres pages du même genre :

  • A Sarah Bernhardt, après une représentation de Phèdre, sur un sonnet d’Emile Blémont (en vente aux bureaux de L’Artiste, 16 rue Grange-Batélière à Paris, 1883),
  • Douleur maternelle, sur un sonnet d’Emile Blémont (in L’Artiste, revue de Paris, 1883, II, 89),
  • Tirana, sur une poésie de Louis Viardot (id., 1884, II, 476),
  • Berceuse, paroles d’Augustine Brohan (id., 1885, I, 477),
  • Mélodie, sur une poésie de Douglas Read (id., 1886, II, 313),
  • Farandole (in Le Gaulois à ses abonnés, 1888),
  • Rêverie, paroles d’Emile Blémont (Lemoine, 1892),
  • Rondeau, sur une poésie d’Amédée-Louis Hettich (Leduc, 1909) et
  • Berceuse, pour voix à deux parties, sur des paroles de A. Brohan, in La première année de musique, solfège et chants, par A. Marmontrel (A. Colin, 1886, nombreuse rééditions ultérieures).

Mais, il a également abordé d’autres genres musicales :

  • une Suite orientale pour piano à 4 mains : 1 – Danse d’Almée, 2 – Choeur d’Almées (A. Colin, 1893),
  • Trois pièces pour piano : PréludeSérénade espagnoleValse (Lemoine, 1878), une Ouverture symphonique (envoi de Rome, 1878),
  • un Solo de concours pour trombone avec accompagnement de piano (Evette et Schaeffer, 1903),
  • un Morceau de concours pour clarinette et piano (Enoch, 1906),
  • une musique de scène comprenant notamment une marche et une pavane pour Isora, drame en 4 actes d’Adolphe Aderer (représenté en 1895 au Théâtre de l’Odéon),

et trois opéras :

  • David Rizzio sur un livret italien (envoi de Rome, 1877),
  • Lucréce (envoi de Rome, 1878) et
  • Zaïre, en 2 actes, sur un livret de MM. Edouard Blau et Louise Besson, son principal ouvrage lyrique joué à 10 reprises à l’Opéra de Paris.

Chevalier de la Légion d’honneur (reçu le 5 août 1892 par Gounod), Paul Véronge de Lanux (ou de la Nux) est décédé le 6 juin 1928 à Paris.

Il avait une sœur aînée, Anaïs-Jeanne, née le 12 janvier 1852 à Paris, décédée le 19 août 1921 à Paris. « Pianiste fort distinguée », elle eut de son union avec Pierre-Joseph Combret trois enfants dont Pierre Combret de Lanux (1887-1955), diplomate et homme de lettres, celui-ci fut le secrétaire d’André Gide de 1907 à 1909 et son épouse américaine, Elizabeth Eyre de Lanux (1894-1996), sera une décoratrice et styliste très en vogue à Paris dans les années 1920-1930.

Et un frère puîné connu par la presse de l’époque qui annonce son décès survenu en mars 1889 : Edouard Véronge de Lanux (ou de la Nux), « jeune artiste lyrique » âgé de 24 ans (Le Ménestrel du 17 mars 1889).

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